En cette année 2012, en effet, outre de grandes échéances électorales en France et la fin du monde pour le solstice d’hiver, j’attends deux événements : le dixième anniversaire de mon plus grand petit-fils et le soixantième mien.

Sur le littéraire cartésien que je suis, les chiffres et les nombres ont toujours exercé une irrationnelle fascination : ainsi, je suis né le 25.5.52 ce qui est un signe évident de symétrie et d’équilibre mais aussi d’unicité puisque, pour le plus ignares des arithmanciens, cette date vaut 1 (ni plus ni moins que mon patronyme en numérologie récursive).

Je dois sans doute m’empresser de préciser que j’attache autant de prix à cette pseudo-science qu’à la morphopsychologie. D’ailleurs, l’évaluation et l’appréciation des compétences font partie des sujets que je compte aborder dans ces billets.

J’y évoquerai, pour vous (car, sur la Toile, on n’écrit pas pour soi), les systèmes que j’explore depuis plus de trente ans : ceux de l’information, de la communication et des ressources humaines.

Ayant atteint les deux tiers de ma vie (pour actualiser la formule de Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER à qui nous souhaitons, néanmoins, de vivre encore bien plus que cinq ans), à l’âge où, théoriquement savoir et sagesse se rencontrent, je crois donc pouvoir m’autoriser à dire avec CAIUS LUCILIUS : je ne sais rien si personne ne sait ce que je sais.

Ce qui suppose de prendre un peu de recul vis-à-vis des paroles que PLATON attribue à SOCRATE : « je sais une seule chose : je ne sais rien ».

L’idée serait plutôt de se rapprocher de CONFUCIUS (même si sa formule est moins concise) : « Le vrai savoir est de savoir que l’on sait ce que l’on sait, et de savoir que l’on ne sait pas ce que l’on ne sait pas ».

Au demeurant, j’ai pu proposer ma traduction de ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα mais je ne lis pas Maître KONG dans le texte.

Pour finir, la limite de cette exhibition serait donnée par un disciple de LUCILIUS, AULUS PERSIUS-FLACCUS : « Tu n’es donc pas savant si personne ne sait que tu l’es ? ».

Qu’on l’étale comme la confiture ou qu’elle reste quand tout a disparu, la culture est bien comme la virilité : il existe forcément quelque part quelqu’un qui en a plus que moi. Aujourd’hui, la culture est surtout un parachute : « t’en n’as pas ? tu t’écrases ! ».