Quoi qu’il en soit, un remarquable travail méthodologique et conceptuel a été fourni par des organismes publics tel que le CNFPT dont le Guide de 2001 est une source précieuse ; méritent également d’être cités le ROME, bien entendu, mais aussi, entre autres, les travaux de la BNF en 2006, du Ministère de la Santé en 2007, de celui de la Justice en 2008, de celui de la Défense avec le projet Morgane en 2008 et le RECAP en 2011.

Le secteur « privé » n’est pas absent de ces recherches et de nombreuses branches professionnelles, voire de grandes entreprises, ont largement contribué au progrès dans ce domaine. Parmi tant d’autres démarches sectorielles, il convient de citer la fondamentale classification de l’UIMM, résultat de l’accord national du 21 juillet 1975, mais aussi, plus récemment, le résultat de la collaboration entre l’EMSI de Grenoble et le CIGREF.

La réflexion ne se limite d’ailleurs pas aux administrations et entreprise françaises comme en témoignent les recherches de l’UNESCO, en 2001, ainsi que les guides et fiches techniques délivrés en 2010 par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Quant aux consultants, pourquoi seraient-ils absents de ce marché…

Pour autant, les référentiels que l’on peut consulter sont, tous, spécifiques : ils possèdent parfois une « granularité » remarquable mais aucun ne peut prétendre à l’universalité.

Cette qualité est-elle nécessaire ? est-elle souhaitable ?

Répondre par la négative serait nier l’intérêt, la vocation-même d’un référentiel des emplois et des compétences : partant du principe que les systèmes complexes ne peuvent être maîtrisés (à tout le moins, compris) sans prendre en compte à la fois, la globalité et les interactions, il est impératif d’aborder l’employabilité en combinant approche analytique et vision holistique.

Nous avons été aidés dans notre « quête » par le fait que nous nous sommes intéressés, à l’origine de nos travaux sur les emplois et les compétences, à ceux d’un domaine, par nature, structuré et structurant : celui des systèmes d’information et de communication.

À l’époque de nos premiers travaux (1982), dans le secteur de « l’informatique », le marché de l’emploi était tellement porteur que les termes de l’échange étaient inversés : les candidats étaient les acheteurs. Entre autres contraintes, les entreprises étaient confrontées à la flambée des salaires et pour mettre en place un système de rémunération cohérent, juste mais aussi attractif, elles ne disposaient pas d’un « Modèle Conceptuel des Données », d’une cartographie des métiers suffisamment stable.

Moins de dix ans plus tard, la situation s’inversa radicalement (bien que brièvement) : dans un secteur jusque là privilégié et qui connaissait la première (mais non la dernière) crise de son histoire, la priorité était au reclassement. Pourvoir s’appuyer sur une nomenclature des emplois devenait tout aussi crucial.

Ce billet n’a pas l’ambition de retracer les trente dernières années de l’histoire du microcosme informatique français : nous allons donc, pour l’instant, survolé cette période et ces soubresauts ; ils ont tous, cependant, renforcé la nécessité de disposer de ce cadre que le législateur imposera finalement aux grandes entreprises avec la réforme de la formation professionnelle.

Aujourd’hui, pour élaborer un référentiel universel des emplois, l’inspiration est à chercher, d’une part, dans les travaux d’organismes tels que l’INSEE ou la DARES, d’autre part, dans les propositions de l’approche systémique.

à suivre