Ainsi, récemment, à deux reprises et en moins de deux heures, j’ai réussi à découvrir mieux que ce que je ne cherchais.

Primo : Travaillant avec des amis sur un projet dont le thème importe peu ici, j’ai appris, en cherchant une référence bibliographique, l’existence de David COOPERRIDER ( ? - ?) qui, malgré son nom d’illusionniste, est le très sérieux et révéré inventeur de l’Appreciate Inquiry dont nous accepterons l’usuelle traduction d’Exploration Positive dans la mesure où Précieuse Recherche est quelque peu ambiguë (ou ambigüe, pour les modernes).

Secundo : en quête d’informations complémentaires sur les six vertus humaines fondamentales selon SELIGMAN (1942 - ?, l’un des pères de la philosophie positive), j’ai abouti au blog (pardon : au bloc-notes ; pour tout dire : au bac à sable) de Jean HEUTTE et, de là, à sa thèse sur « La part du collectif dans la motivation et son impact sur le bien-être comme médiateur de la réussite des étudiants : complémentarités et contributions entre l’autodétermination, l’auto-efficacité et l’autotélisme ».

C’est très sérieux, très intéressant et, oserais-je le dire pour un travail qui a valu à son (d)au(c)teur une mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité, facile à lire. Surtout le début.

Assez benoîtement, j’en étais resté, en effet, à la pyramide du regretté Abraham MASLOW, théorie de la motivation qui, par parenthèses, suggère que l’on peut avoir un prénom d’origine Juive et apprécier le travail des Pharaons.

Comme tout le monde (ou presque) le sait, selon ce célèbre psychologue américain (1908 – 1970) et wikipedia : - l’être humain a des « besoins » que l’on peut hiérarchiser comme les degrés d’une pyramide, - l'homme n'atteint le plein développement de son psychisme que s'il est satisfait sur tous les plans : physiologie, puis sécurité, puis appartenance, puis reconnaissance et, enfin, accomplissement de soi, - et, surtout, un besoin d'ordre supérieur ne peut être satisfait que si les précédents le sont.

Ce que nous révèle (ou, plutôt, nous rappelle) Jean HEUTTE (1963 - ?) est stupéfiant : « La recherche empirique moderne met en évidence que peu de variables objectives expliquent le bien-être psychologique. Il dépend beaucoup plus des perceptions et des processus internes que des conditions extérieures. Il semble notamment nécessaire d’avoir une perception altérée du réel légèrement positive et une perception modérément exagérée de ses qualités pour être bien. Une perception sévèrement réaliste de soi ou l’évaluation trop magnifiée de ses capacités sont toutes deux nuisibles ».

Jean HEUTTE ne dit pas que ceci et les penseurs qu’il cite, tel Roy BAUMEISTER (1953 - ?), non plus. Tous ces braves gens confirment, notamment, l’importance du lien social comme condition du bonheur. Mais, dans le même temps, ils démontrent que chacun de nous est d’abord lui-même l’artisan de sa propre béatitude.

Et, plus précisément, ils affirment que la félicité nécessite une marge optimale d’illusion.

Selon eux, pour être heureux, trois méthodes seraient particulièrement utiles : • entretenir une perception exagérée de ses compétences, • se persuader que l’on contrôle sa situation, • faire preuve d’un optimisme irréaliste à propos de son avenir.

Jean HEUTTE va même plus loin : « Les gens chez qui ces illusions sont absentes sont moins heureux, moins bien adaptés et souffrent de différents problèmes de santé mentale ».

Mais, si l’on comprend bien cette théorie, les pessimistes ne sont pas les seuls condamnés au malheur ; c’est aussi le cas des réalistes, des pragmatiques, des concrets, des factuels, des modestes (que dirent des humbles…) ou des raisonnables (ah ! les pauvres rationnels…).

En fait, comme dirait Dany BOON (1966 - ?) : « Ah ! je l’savais, hein ! ». Car derrière cette sortie où l’on reconnaît le simplet, lou Ravi, « le pec du village », nous revient en mémoire le respectable : « Heureux les simples en esprit, etc. ».

Pour nous qui tentons, chaque jour, depuis des années, d’objectiver l’humain, de mesurer les savoirs, d’évaluer les savoir-faire, d’apprécier les savoir-être : quelle leçon !

Il suffit de recruter celui ou celle qui croit que le poste à pourvoir lui est destiné.

Pour améliorer les performances d’une collaboratrice, affirmez-lui qu’elle est « au top !».

Pour aider un demandeur d’emploi à « rebondir », persuadez-le que le chômage est la chance de sa vie.

Et pour trouver des clients, attendons qu’ils nous appellent.